Projet: Nourrir le Monde un enjeu pour demain, Lycée du Valentin

Ce projet, fruit d’une collaboration durable, a été reconduit et mené dans le cadre de
l’enseignement de géographie autour de la thématique : Nourrir les Hommes, un enjeu pour demain. 26 élèves de seconde générale et technologique ont été impliqués.
Cécile Petit et Julie Infanti, sont intervenues sur le projet d’année lors de l’animation d’un
repas insolent et sur 3 séances de 2 heures entre janvier 2017 et février 2018.
Les objectifs:
• Sensibiliser les élèves à une citoyenneté mondiale critique et curieuse
• Tenter de comprendre les grands déséquilibres mondiaux, notamment alimentaires.
• Favoriser une approche participative et ludique afin de s’approprier des
connaissances et d’échanger ses ressentis.
• Favoriser la solidarité, la tolérance des jeunes afin de les aider à mieux vivre
ensemble au sein du lycée mais également à l’extérieur. Ceci à travers les thèmes mais
également en favorisant le travail de groupe, les jeux de rôle…

Premier temps fort : le « repas insolent »

Première rencontre avec l’association, ce repas a été l’occasion d’introduire les grandes
thématiques abordées ultérieurement.
Les jeunes ont vécu cette animation participative illustrant les inégalités Nord-Sud et les
interdépendances entre les divers acteurs du monde. C’est un repas au cours duquel les
convives composent eux-mêmes les décisions qui modifieront le destin du monde. Une
matinée au cours de laquelle les participant-e-s sont tour à tour impliqué-e-s, indigné-e-s,
amusé-e-s et sensibilisé-e-s !
Ce dernier à permis aux élèves de prendre conscience des inégalités à l’échelle mondiale, de s’interroger sur l’organisation actuelle des grandes instances économiques internationales (entreprises, États et institutions), de s’orienter vers des actions citoyennes pour faire reculer ces inégalités.

nlmnlm1Photos prises par Elodie Souriau

Après la répartition des élèves par continent, jeu des chaises pour vivre et visualiser l’inégale répartition de la population et des richesses à l’échelle mondiale. Ils ont ensuite dû échanger matières premières énergétiques, alimentaires… pour subvenir à leurs besoins.

nlm2nlm3nlm4Photos prises par Elodie Souriau

Appréhender les sujets abordés, pays représentés, lobbyings, enjeux lors des rencontres de l’OMC. La soirée s’est terminée autour d’un repas partagé entre les élèves et l’association. Moment convivial et d’échanges qui a été très apprécié par tou-te-s.

Les interventions de Rhizo’Sol en classe

Cette année, nous avons fait le choix d’orienter les séances du projet  autour de la construction d’alternatives. Habituellement, peu de temps est consacré à cette étape de nos animations. Cette fois ci 2 séances entières y ont été réservées.

Méthodes :

– Education participative où les élèves ont été amenés à vivre des situations réelles ou simulées et à échanger sur la base de ses ressentis et savoirs.

Séance 1 :

L’association a animé un « jeu de la ficelle », qui est un jeu interactif qui permet de représenter par une ficelle les liens, implications et impacts de nos choix de consommation. Il offre un éclairage sur les relations entre le contenu de l’assiette moyenne du Belge et diverses problématiques comme la qualité de l’eau, la dette extérieure d’un pays du « Sud », la malnutrition, le réchauffement climatique ou les conditions de travail d’un ouvrier au Costa Rica.

A partir de la thématique de l’alimentation, le jeu révèle des liens indissociables entre les sphères économique, sociale, environnementale et politique de notre société. Il souligne également l’interdépendance entre les différentes populations de la planète face au phénomène de la globalisation.

Réalisation, par groupe de 3 d’une carte mentale représentant le système alimentaire dominant et présentation à la classe.

Séance 2 :

Photolangage sur les alternatives à notre système alimentaire dominant. Chacun-e a présenté l’image qui lui parlait le plus en expliquant pourquoi.

Présentation d’alternatives par l’association : le commerce équitable, le mouvement des Sans Terres au Brésil, le supermarché La Louve à Paris…

Réalisation d’une carte mentale version alternatives. L’objectif étant de repenser notre système alimentaire : la production, les acteurs, la consommation, les impacts socio-économiques et environnementaux.

Séance 3 :

Un travail remarquable a été réalisé par les élèves en se réappropriant l’outil du jeu de la ficelle. En effet, après avoir vécu de jeu de la ficelle et vécu une séance sur la construction d’alternatives, les élèves ont conçu eux-mêmes les cartes du jeu de la ficelle des alternatives. Un excellent moyen de se les approprier.

Exemple de cartes réalisées :

Je suis l’assiette française

Je suis l’assiette française. Voici de quels ingrédients je suis composée : un œuf biologique et local, une salade et une pomme de terre du jardin, une banane équitable et un yaourt fermier. Le contenu de cette assiette a fait moins de 30 kms en métropole, et un voyage au Costa Rica.

Je suis composée uniquement de produits de saison : pas de fraises en février ni de courgettes tout l’hiver… Je suis très équilibrée, saine, pas saturée en graisse ni en sucre et très économique. Je suis sûre que mes ingrédients ne sont pas contaminés par des intrants chimiques, que je suis respectueuse de l’environnement et permet à ceux qui ont produits les aliments qui me composent de vivre dignement de leur métier.

Je suis Diego un agriculteur Brésilien

Je m’appelle Diego et j’habite au Brésil. Malgré les réformes agraires, encore aujourd’hui, se sont les grandes exploitations agricoles en monoculture qui dominent (héritage de la colonisation). La mécanisation des années 1960-1980 entraina l’expulsion de petits agriculteurs, de salariés agricoles, comme moi, qui sont devenus « paysans sans terre ». Avec d’autres paysan-ne-s, nous avons décidé de résister, de nous organiser afin d’obtenir la propriété de la terre et des réformes agraires équitables. Nous luttons depuis des années. Plus de 25 000 sans terres sont mobilisés par le biais d’occupation de terres, de manifestations, bataille juridique. Nous, nous avons créé un potager alternatif destiné à l’auto-consommation, sans intrants chimiques où l’on pratique la polyculture/élevage afin de répondre à nos besoins alimentaires, éviter l’exode rural et la bidonvilisation. Le surplus est vendu à des prix accessibles aux plus démunis.

Ce travail précieux sera réutilisé et valorisé par Rhizo’Sol lors d’une prochaine intervention sur ce thème.

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